GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève M 3236 Signataires : Julien Nicolet-dit-Félix, Philippe de Rougemont, Sylvain Thévoz, Oriana Brücker, Céline Bartolomucci, Angèle-Marie Habiyakare, Louise Trottet, Cédric Jeanneret, Yves de Matteis, Pierre Eckert, Clarisse Di Rosa Date de dépôt : 1er juin 2026 Proposition de motion Ne dépendons plus d’Ormuz : accélérons la décarbonation de la mobilité genevoise ! Le GRAND CONSEIL de la République et canton de Genève considérant : – le choc pétrolier consécutif aux attaques israélo-étatsuniennes et aux ripostes iraniennes ; – l’importante incertitude économique consécutive aux importantes variations des prix des hydrocarbures ; – les objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre que notre Etat s’est fixés dans son plan climat ; – les effets mesurables des politiques incitatives fédérales et cantonales en particulier dans le domaine du bâtiment (isolation, chauffage…) et de l’industrie ; – les très lents progrès dans le domaine de la mobilité, la légère décrue des ventes de carburants dans notre canton étant essentiellement due à l’inversion des prix entre la France voisine et Genève au cours des dernières années ; – les fructueux modèles de tarifs de stationnement différenciés mis en place par plusieurs villes européennes ; – le rôle d’exemple que doit avoir l’Etat dans ses achats, en particulier de véhicules circulant dans notre canton, ATAR ROTO PRESSE – 80 ex. – 06bis.26 M 3236 2/7 invite le Conseil d’Etat – à édicter un tarif de stationnement préférentiel pour les véhicules sans émissions de CO2 de moins de 2000 kg et un tarif majoré pour les véhicules à moteur thermique de plus de 2000 kg ; – à appliquer ces tarifs différenciés sur le domaine public ainsi que dans les parkings gérés par la Fondation des parkings ; – à introduire dans le règlement relatif aux places de stationnement sur fonds privés des seuils minimaux et évolutifs de places pour véhicules sans émission de CO2 ; – à édicter un règlement prévoyant l’achat par l’Etat exclusivement de véhicules sans émission de CO2, les seules exceptions devant être validées par le Conseil d’Etat ; – par analogie, à imposer aux établissements de droit public soumis à la LOIDP de n’acheter plus que des véhicules sans émission de CO2, sauf exceptions validées par leur conseil d’administration. 3/7 M 3236 EXPOSÉ DES MOTIFS Le double blocage du détroit d’Ormuz nous l’a douloureusement rappelé : une part non négligeable de notre économie est encore largement dépendante du pétrole. Si les effets dramatiques de la combustion des hydrocarbures sur le climat et la qualité de l’air sont largement documentés, la question de notre dépendance à des ressources contrôlées par des régimes autocratiques et instables est moins souvent mentionnée lorsqu’il s’agit de sortir de notre dépendance au pétrole. Notre pays et notre canton se sont dotés d’outils qui, progressivement, font leurs preuves en matière de transition écologique, dans le domaine de l’habitat et de l’industrie. Isolation, récupération de la chaleur, transition vers l’électrique, augmentation de la production de renouvelables. En revanche, dans le domaine de la mobilité, les résultats sont loin d’être satisfaisants. A l’échelle de notre canton, la consommation de carburants semble ne diminuer que très légèrement, dans un contexte économique où les prix se sont inversés avec nos voisins français (désormais, les frontaliers et même les résidents genevois n’ont plus intérêt à faire le plein à Genève, alors que c’était le cas au début du millénaire). Si nous voulons nous défaire de la dépendance à Ormuz, c’est donc dans le domaine de la mobilité que nous sommes le plus en retard et qu’il convient désormais de concentrer nos efforts. Notre canton ne pouvant réglementer la circulation des véhicules, il lui reste trois outils : la taxation, le stationnement et l’exemplarité. Comme chacun le sait, la question de l’imposition des véhicules a fait couler beaucoup d’encre depuis le vote de 2024 et sa révision est en cours. C’est donc sur les deux autres volets qu’il convient d’agir rapidement : – A l’image de villes comme Lyon, Barcelone ou Paris, il est tout à fait possible d’introduire un tarif différencié sur le domaine public, qu’il s’agisse des places sur la voirie ou des ouvrages de la Fondation des parkings. – Les parkings sur fonds privés – en particulier ceux destinés au personnel des entreprises – ont également un rôle à jouer. C’est pour cela que la motion invite le Conseil d’Etat à adapter le règlement pour introduire un taux minimum (augmentant progressivement) de places pour véhicules sans émissions de CO2. M 3236 4/7 – Et, pour finir, il est évident que l’Etat lui-même ne peut s’exonérer des mesures qu’il estime vertueuses et, vu la rapide évolution du marché des véhicules électriques, il semble indispensable qu’il passe dès maintenant au 100% électrique dans ses achats de véhicules et que les régies publiques en fassent de même. Pour toutes ces raisons, nous vous remercions, Mesdames les députées, Messieurs les députés, de faire bon accueil à ce texte. 5/7 M 3236 ANNEXE 1 Tarifs différenciés du stationnement à Lyon M 3236 6/7 ANNEXE 2 Tarification environnementale du stationnement à Barcelone. Les zones bleues sont destinées à une rotation importante (1h ou 2h max) et les zones vertes permettent également le stationnement résidentiel. Les tarifs A et B dépendent de la distance au centre et les colonnes correspondent aux performances environnementales des véhicules selon la classification espagnole 1. Les véhicules “ECO” sont les hybrides non rechargeables, les C les thermiques satisfaisant aux normes EURO récentes et les D les autres thermiques. 1 Informations plus précises sur la page: https://www.dgt.es/nuestros-servicios/tuvehiculo/tus-vehiculos/distintivo-ambiental/ 7/7 M 3236